Les caprices d’une rose

Lorsqu’elle a vu le jour dans mon jardin,

Où les épines étouffaient les bons grains

Où la tristesse était le réveil matin,

La vie du printemps touchait à sa fin.

Tout espoir était noyé dans l’amertume

De ma gorge remontait le goût du bitume

Dont l’odeur m’étouffe, dont la sale écume

Dépeint mes lèvres, dont les venins, mon cœur inhume.

C’était le matin d’un voyage nouveau

Pour elle  le jour semblait beau.

Pour une fois les mélodies des oiseaux

Résonnaient de la joie en écho.

Elle montrait son bourgeon au soleil

Qui, déjà assoiffé de merveille,

Scintillait d’une lueur sans pareille

Et de son trône là haut, émerveille.

Elle grandissait et étalait ses pétales,

Rouges comme l’amour qui régale,

Vif, tel un sourire qui emballe,

Débordant  leur parfum nuptial.

Ce voyage n’allait durer longtemps

Il allait prendre fin au crépuscule. Pourtant

Le jour de cette rose équivaut à mille ans

Car l’espoir était né de son corps desséchant.

Ne pleure pas mon jardin : cette mort donne vie.

Sous les herbes de ton corps qui sourit

C’est la sève de cette fleur qui te remédie,

C’est son envie d’aimer sous ta peau qui fleurit.

Elle savait que ça allait se passer

Qu’à l’aube de la nuit elle allait tomber

Et pourtant elle n’a pas reculé…

Je n’ai même pas eu le temps de l’aimer.

Que personne n’oublie ton désir

Que le témoigne le son de la lyre

Qu’il soit l’objet de ma plume en délire

Qu’il soit l’empreinte des jours à venir.

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