Journée noire

Il est huit heures du matin, je décide finalement de rentrer sous ce toit qui dégage cette odeur de jasmin mort à force d`espérer un baiser d`eau vive. Tout n`est pas bien dans ma tête, ni dans mon cœur. J`ai peine à regarder le lit. Il est tellement bien fait ! On dirait une tombe. Il n`a pas soutenu mon poids depuis que tu es partie. Après tout à quoi ça sert ? Moi et le sommeil nous ne passons pas le même chemin. Je préfère passer des heures à regarder les étoiles durant la tombée de la nuit que de chercher ta silhouette dans la pénombre de la maison. Je préfère passer des longs moments à te courir après dans ma mémoire que de m`envelopper seul avec notre draps favori. Je me sens tellement étrange dans cet endroit que j’ai l’impression d’y être planté comme par miracle. Maintenant je commence à comprendre pourquoi les séparations conduisent aux suicides parfois. Je me sens dépouillé de mon sang. La Terre tourne plus vite avec moi. Je perds la notion du temps.

Je me tiens debout devant ce lit en pensant à toi Violette. C’est drôle, comme je sens ta présence. Tu as hanté la maison. Elle chante ton nom sans cesse à mon oreille. Elle chante qu’elle est morte sans toi. Que  je suis mort sans toi.

Il est bientôt midi et tout est noire là dedans. Les rayons du Soleil refusent de visiter cet endroit. Peut être qu’ils ont peur de la tristesse qui dirige en qualité de maitresse ce lieu en trainant derrière elle le carrosse de l’au-delà. Je viens de passer quatre heures à te deviner sous le drap. Je perds la boule. Je n’arrive pas à accepter ça. Dis-moi que c’est un jeu Violette, dis-moi que tu es là, que tu t’étais cachée. Serais tu capable de m’abandonner pour toujours mon amour? Sors de ta cachette mon bébé, fais moi croire que j’étais en train de rêver. Viens me dire que c’était une nuit rempli de cauchemar…

La noirceur devient plus épaisse. On dirait qu’il va pleuvoir. J’en profiterai pour noyer mon chagrin, comme quand j’étais petit et qu’après avoir reçu une bastonnade de papa je me mettais sous la pluie. Son contact avec ma peau me permettait de ne plus sentir la douleur. Il pleuvait souvent dans cette région. Je sais que tu n’es pas née ici, mais je suppose que ça a du être aussi ton passe temps  comme tout enfant.

Ça y est, il commence à pleuvoir. Le clapotement des gouttes d’eau sur le toit résonne si fort dans mon cœur que j’ai l’impression qu’il est vide. En effet il n’a plus rien sans toi. Tu es partie avec tout, même avec le sang qui l’alimentait. O Violette, combien je souffre !

J’essaie de faire le vide du “vide” sous la pluie. A chaque fois que je lève les yeux vers le ciel gris, je vois ton visage qui esquisse mon sourire favori. Tu es partout Voilette : dans ma tête, dans le ciel, dans les goutes d’eau qui me lapident, dans le vent ; pourtant tu n’es pas à mes côtés. Que fais-tu là où tu es ? Serais tu déjà avec quelqu’un d’autre ? Le laisses tu dérober l’éclat de tes perles quand il s’echappe de la barriere de tes lèvres comme moi ? Ces pensées me font peur. Elles t’éloignent de moi.

La chanson de Jacques Brel : “Ne me quitte pas”, résonne dans ma tête. Je tressaille sous la beauté de cette strophe qui commence ainsi : “moi je t’offrirai des perles de pluie venues des pays où il ne pleut pas”. C’est fou de se rendre compte de ce qu’on peut dire au nom de l’amour. Il nous tient captif. Il controle nos discours. Il nous enleve vers les sommets les plus glorieux et après il nous abandonne. Dans sa peine le chanteur promet des perles de pluie, moi je te promets l’Univers. Je divague parce que je suis amoureux, éperdument amoureux. Je suis sur le sommet avec mon cœur désseché dans les mains. Ce cœur qui jadis scintillait de vie et de joie sous les flèches de Cupidon parce que tu étais reine de son royaume. O mon émeraude tombée de la bague de Dieu, que vais je faire sans toi ? Que sera la vie sans toi ? Que sera ma vie sans toi ?

Le ciel a cessé de pleurer mais sur son visage on peut lire de la souffrance. Peut être qu’il éprouve le même sentiment que moi… Peut être que ton rituel quotidien qui consistait à le bénir par ton regard et ton sourire était la seule chose qui donnait lumière à ses jours. La nature est dans une si parfaite harmonie que le bonheur, la beauté, l’extension, la reproduction d’une créature ainsi que son malheur, sa laideur et son extinction ont des repercution sur les autres. Le ciel et moi  nous souffrons ton départ. Il a perdu son bleu et moi, mon horizon.

Encore une journéee qui rend l’âme sans ta silhouette qui se dessine au loin. Les oiseaux cherchent leurs nids, le chant funèbre de la nuit se fait auditionner et rien de nouveau de toi, Violette. Rien! Tout est calme. Le silence est si lourd qu’il me fait mal. Mes yeux supplient en vain le soleil de ne pas se coucher, mais il ne peut pas rester une minute de plus. Son lit nuptial lui manque et sa déesse la Lune l’attend. Je me reppalle de cette histoire que tu m’avais racontée sur la Lune qui un, jour sans attendre la rentrée de son époux parce qu’elle le soupçonnait d’avoir une concubine, s’est enfuie. Depuis quelques jours il rentrait plus tard que d’habitude et un peu plus atigué, ce qui a eu pour effet d’aiguiser la curiosité de sa femme qui décida de lui faire une surprise. Elle a devancé le crépuscule pour confirmer que son amour lui trompait. Il a découvert sa cachette et vu ce qu’il manigançait : il cueillait des poussières d’arc-en-ciel avec lesquelles il sculptait une fleur dont les petales, sous le reflet de son éclat, rayonnaient de mille couleurs. Elle decida de lui laisser sans rien dire, envahit par le chagrin de savoir qu’elle a une concurente.  Le firmament souffrit beaucoup de cette peine parce qu’elle ne pouvait lui gratiffier de sa lumière argentée. Les étoiles vinrent se réfugier à ses  pieds pour la consoler, ce fut sans resultat. Ce fut un enfer pour les deux: le roi Soleil avait perdu sa chaleur et pleurait le départ de sa belle épouse. Le cri de ce bel homme fut emproté par les vents vers  sa bien aimée qui, malgré son amertume se senti interpelée par son désespoir. Elle envoie un de ses messagers se renseigner de ce qui peut causer tant de peine à ce souffrant, ignorant qu’il s’agit de son mari puisqu’elle ne l’a jamais vu verser des larmes et gémir de chagrin. Lorsque ce dernier revint, il lui annonce que c’est son mari qui pleure son abscence et qu’il refuse même de prediser le jour car il ne peut plus rien rechauffer. Elle se disait que c’était bien, que ça lui apprendra à ne plus la tromper quand ce messager enchainat que ce qui afflige de plus sa majesté c’est une surprise qu’il preparait à sa bien aimée la reine Lune le jour de son départ. Elle se senti coupable se souvenant de la fleur. Pour être sûre de ce qu’elle pense, elle somme son envoyé à lui donner plus de détails et il lui decrit le présent qui est en était une fleur aux mille éclats. Sa peine se converti en allégresse. Elle pri le chemin du retour chez elle. Elle accourt aux pieds de son autre moitié pour lui demander pardon lui expliquant ce qui fut à l’origine de ce malentendu. Mais le roi dans son immense amour à son egard, lui prit dans ses bras tout en l’embrassant. Ce fut la fête ce jour là. Les jasmins chantèrent en cœur les plus beaux hymnes à l’amour. Pour la première fois ses amoureux ont traversé l’azur ensemble, main dans la main.    

C’était notre histoire préférée. On s’identifiait à l’un de ces personnages tout en se disant qu’on ne se quittera jamais. Aujourd’hui tu n’es pas là et mes cris te cherchent partout. Ils espèrent que ton messager passe par ici pour qu’il aille  te dire  combien ton abscence me tue. Mes jours sont sans chaleur sans toi.  Mes jasmins sont au bord de l’abime : je ne sais pas comment les parler comme tu le faisais. Tout est noir sans toi : ma vie, mon horizon et même mes journées. Violette, reviendras tu pour redonner saveur à mon existence ? C’est drôle, je ne sais pas quel saint invoquer ni quel dieu je dois prier pour qu’il te ramène à moi. Je ne sais pas comment trouver des ailes pour voler vers toi. Je ne sais pas comment remonter le temps, ni comment effacer les mémoires pour envoyer dans l’oublie cette partie de notre histoire. Je sais seulement une chose mon amour : que le jour s’achève une fois de plus et que l’idée me vient, une fois de plus, que je ne te reverrai jamais…

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One Response to Journée noire

  1. Fabiola Adonis says:

    Peut-être que Violette ne reviendra pas!

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